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1 000 seniors mêlent activité physique et jeux pour sortir de la sédentarité

Activité physique adaptée et application mobile pour jouer en équipes

En Ile-de-France, ils étaient 500 seniors en 2019 à jouer le jeu. Ils devraient être plus de 800 en 2020. En Rhône-Alpes, 250 personnes s’engagent dans le dispositif. Au programme : des séances d’activité physique en petits groupes complétées par des défis ludiques proposées via une application mobile.

Basés sur le jeu et la dimension collective, ces programmes “bien-vieillir” ont le vent en poupe. Après avoir testé la formule en 2019, le PRIF (Prévention retraite Ile-de-France) et Atouts Prévention Rhône-Alpes ont choisi de réitérer l’opération en 2020. Sur chaque territoire, les acteurs locaux (collectivités, bailleurs sociaux, résidences sociales….) se chargent de promouvoir ces initiatives de prévention santé auprès de leurs “jeunes de plus de 60 ans”.

Les participants (volontaires) sont répartis en groupes (environ 12 personnes / groupe). Chaque groupe bénéficie : d’une réunion de présentation, de 5 séances d’activité physique animées par un enseignant en activité physique adaptée et d’une animation ludique (sous forme d’histoires et de challenges) proposée en continu via l’application mobile Kiplin. Grâce à leur smartphone, les participants :

– suivent leur activité physique au jour le jour
– avancent dans une histoire et participent à des défis ludiques
– gagnent des points en équipe
– s’encouragent via une messagerie

En cumulant des pas, chaque participant avance dans une histoire

Grâce à des jeux, l'application mobile Kiplin permet d'inciter les seniors à reprendre une activité physique

En Ile-de-France, les seniors ont ainsi participé à une aventure baptisée “de la Terre à la Lune” en 2019. Chaque équipe a pu transformer ses pas du quotidien en points et avancer dans le jeu via l’application mobile. Un jeu ponctué également de petits défis pour gagner d’autres points bonus : trouver un nom d’équipe original, effectuer 7 000 pas par jour pour, remporter un duel contre une équipe, répondre à des quiz santé… Une manière de digitaliser l’activité physique comme le font certains établissement de santé pour leurs patients.

Dans le cadre de ce programme, chaque semaine, une séance d’activité physique encadrée par un(e) enseignant(e) APA est organisée. L’occasion de faire le point sur l’activité physique de chacun – grâce aux pas enregistrés par l’application mobile – de rappeler les bons réflexes et de mettre en pratique différents mouvements à répéter régulièrement.

Charlotte Réocreux, enseignante APA en Rhône-Alpes :  “On organise les séances en petits groupes, dans des parcs et avec des exercices que les seniors peuvent reproduire chez eux, sans matériel et en toute sécurité. Le but est aussi de mettre du lien social entre les participants. Les gens échangent leurs bons plans pour une balade ou un parcours en ville. Grâce à l’application mobile, il est facile de suivre l’activité physique de chaque participant en dehors même des séances.


Marin Grabiner, enseignant APA en Ile-de-France : “Le digital permet de maintenir une relation de groupe une fois l’atelier terminé. A la fin des ateliers d’activité physique adaptée, certains participants créent des groupes WhatsApp pour maintenir un lien et continuer à se motiver. Ils prennent alors conscience de l’effet de groupe sur leur motivation dans la durée”.

L’inclusion numérique de ce type de programme ne ressemble pas pour autant à un long fleuve tranquille. L’utilisation d’une application mobile freine encore certains participants.

Mesurer l’impact et proposer d’autres jeux tout au long de l’année

Plusieurs mois après la fin de l’opération, une séance bilan est organisée par les enseignants en activité physique adaptée. La marche est-elle devenue une habitude ? La fréquence d’activité physique modérée a-t-elle évolué ? Lors de ces restitutions collectives, chaque participant est invité à partager son expérience.

Ce premier programme de 6 semaines sert de rampe de lancement. Lorsque les premiers réflexes changent, certains seniors ont la volonté de ne pas s’arrêter en si bon chemin. Tous les participants peuvent ensuite continuer à bouger-marcher tout au long de l’année en rejoignant d’autres animations ludiques et d’autres équipes (via l’application Kiplin). Chaque mois, une nouvelle aventure est proposée. Une sorte de nouvelle “ligne de départ” qui permet de ne pas perdre les bons réflexes d’une marche régulière. En France, d’autres initiatives permettent de faire bouger les seniors grâce à des vélos connectés.

Concevoir de nouveaux parcours de prévention santé

Des programmes d'activité physique adaptée pour les seniors en Ile-de-France et Rhône-Alpes

En Ile-de-France, ce programme est porté par le PRIF (Prévention Retraite Ile-de-France), groupement de coopération sociale et médico-sociale créé en 2011 par les caisses de retraites de la sécurité sociale (CNAV, MSA et RSI). Camille Mairesse, responsable développement et pilotage au PRIF : “ Ce qui nous anime, c’est de découvrir de nouvelles façons de travailler la prévention auprès des seniors, de redorer l’image de la prévention par une approche ludique et positive. Nous cherchons à multiplier les innovations pour répondre à de nouveaux besoins. Le digital permet notamment d’enrichir les ateliers traditionnels pour séduire de nouveaux seniors”.

En Rhône-Alpes, l’initiative est chapeautée par Atouts Prévention (groupement de coopération sociale et médico-sociale associant les trois caisses de MSA rhônalpines, la Sécurité Sociale des Indépendants, la Carsat et le Régime des Mines). Lucile Billand, coordinatrice du groupement APRA (Atouts Prévention Rhône Alpes) et responsable prévention santé seniors de la CARSAT Rhône Alpes. “ L’un de nos objectifs est de réussir à faire passer des messages de prévention de façon ludique, de jouer tout en apprenant. L’autre point important est de faciliter et d’accélérer l’inclusion numérique des seniors. On souhaite concevoir un parcours de prévention pour faire rebondir les seniors d’un atelier à un autre sur des thématiques complémentaires, en liant par exemple la thématique de l’activité physique et celle de l’alimentation”

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