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Diabète de type 2 : pourquoi et comment prescrire de l’activité physique adaptée ?

Auteurs : Grégory Ninot, Agnès Vinet, Guillaume Walther, Damien Freyssenet, Thibaut Guiraud, François Carré. Lire l’intégralité

Extrait du bulletin épidémiologique hebdomadaire de Santé Publique France dédiée à l’Activité physique en prévention et traitement des maladies chroniques (Novembre 2020). Reproduction partielle réalisée avec l’accord de Santé Publique France.

Diabète de type 2 : quelques chiffres

Le diabète de type 2 (DT2) est une cause de décès prématuré et d’invalidité. Il augmente le risque de maladies cardiovasculaires, d’insuffisance rénale, de cécité et d’amputation des membres inférieurs. 

Le diabète était directement responsable de 1,5 million de décès en 2012 et le nombre de cas dans le monde est passé de 176 millions en 1990 à 410 millions en 2013.

Plusieurs méta-analyses confirment la relation linéaire inverse entre la dose d’activité physique et la mortalité toutes causes et cardiovasculaires chez les patients diabétiques (-20 à -50%).

Les bénéfices de l’activité physique adaptée

Le traitement principal du diabète de type 2 vise à obtenir et maintenir des niveaux acceptables de glycémie. Les résultats de très nombreux essais randomisés contrôlés et des méta-analyses confirment l’efficacité de l’APA, d’intensité moyenne à forte, sur le contrôle de la glycémie et l’insulino-résistance avec une baisse de l’hémoglobine glyquée (HbA1c).

Une méta-analyse incluant plus de 8 000 patients démontre l’importance de la quantité de pratique hebdomadaire d’activité physique (AP) avec une efficacité supérieure chez les patients pratiquant plus de 150 minutes par semaine et non chez ceux pratiquant une AP pendant une durée inférieure.

Ainsi, en première intention, l’augmentation du niveau d’AP est essentielle et ne doit pas être remplacée par des médicaments antidiabétiques. Aucun incident majeur n’est signalé dans les études proposant des programmes d’APA supervisés à visée thérapeutique chez les patients DT2. 

Quel programme d’APA pour le diabète de type 2 ?

Les essais randomisés contrôlés montrent une efficacité des programmes d’au moins deux mois.

  •  Sur 28 essais randomisés et contrôlés retenus dans une méta-analyse proposant des activités combinées (endurance et renforcement musculaire) ou non, 17 ont atteint le seuil cliniquement significatif de réduction de l’HbA1c (-0,6%).
  •  Sur 6 des 9 études proposant des exercices combinés, les bénéfices sur l’HbA1c sont plus nets qu’avec des programmes d’endurance ou de renforcement musculaire seuls.
  • Pour l’aérobie, l’exercice intermittent à haute intensité (90 à 100% du VO2max avec récupération active ou passive), qui est associé à des hyperglycémies postprandiales et/ou nocturnes moins fréquentes, limitant ainsi les complications cardiovasculaires, n’a pas d’impact sur l’adhésion au programme ou la majoration des effets indésirables.
  •  Le renforcement musculaire doit être initié à une fréquence soutenue (5 à 7 séances par semaine) pour observer des bénéfices, puis peut être réduit (2 à 3 séances par semaine) pour les maintenir. 
  •  Des programmes supervisés et individualisés engendrent de meilleurs résultats que de simples conseils de pratique. Au total, les bénéfices des programmes combinant endurance et renforcement musculaire sont supérieurs à ceux ne proposant qu’un seul type d’exercice.
  • Le contrôle glycémique est meilleur lorsque les séances d’endurance ou de renforcement musculaire ne sont pas réalisées le même jour

La recommandation de l’expertise collective Inserm

L’expertise collective Inserm (Institut National de la santé et de la recherche médicale) recommande en première intention la prescription d’un programme d’APA, supervisé et progressif d’au moins 3 mois combinant au minimum, 3 séances d’endurance d’intensité modérée à forte et 2 séances de renforcement musculaire par semaine pour garantir la baisse la plus importante d’HbA1c chez les patients DT2.

Un couplage avec un programme d’ETP incluant un changement d’habitudes alimentaires sans régime hypocalorique est recommandé. Ce programme d’AP d’au moins 2,5 heures par semaine doit être poursuivi à vie en favorisant les pratiques ludiques et supervisées.

Auteurs : Grégory Ninot, Agnès Vinet, Guillaume Walther, Damien Freyssenet, Thibaut Guiraud, François Carré.

Extrait du bulletin épidémiologique hebdomadaire de Santé Publique France dédiée à l’Activité physique en prévention et traitement des maladies chroniques (Novembre 2020). Reproduction partielle réalisée avec l’accord de Santé Publique France.

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