« Dans les entreprises, le jeu et l’activité physique génèrent la cohésion »

Jeu QVT
4 minutes
jeu et activité physique pour les entreprises
Comment faire bouger les salariés en proposant des défis connectés ? Pourquoi et comment le jeu permet d’engager tous les profils dans cette démarche de sport santé ? Clémentine Slembrouck (Kiplin) répond aux questions de MyHappyJob, média spécialisé dans la QVT.
Comment faire bouger les salariés en proposant des défis connectés ? Pourquoi et comment le jeu permet d’engager tous les profils dans cette démarche de sport santé ? Clémentine Slembrouck (Kiplin) répond aux questions de MyHappyJob, média spécialisé dans la QVT.

Pourquoi le jeu permet de favoriser l’activité physique des salariés ?

«  Tout simplement parce que le jeu, dans ses différentes dimensions, permet de s’adresser à tous les publics de l’entreprise. Chez Kiplin, depuis le début, on est convaincu que l’activité physique est bonne pour la santé. Après, reste à savoir comment engager les collaborateurs dans cette démarche et comment changer les comportements de manière durable.

Cela peut passer par différents leviers, en les saturant de messages par exemple (cf « mangez cinq fruits et légumes par jour). C’est efficace, certes, mais ça peut prendre beaucoup de temps. On peut aussi faire changer radicalement un réflexe par un système de punition ou, à l’inverse, par une gratification. Le bâton ou la carotte.

De notre côté, on a choisi de miser sur le plaisir et l’autonomie grâce au jeu. C’est ce qu’on appelle un levier de motivation intrinsèque. Pouvoir jouer où on veut, quand on veut et à son rythme.« 

Vous prônez le jeu collectif et pourtant, en entreprise, les publics sont très hétérogènes...

« Les uns entraînent les autres dans la dynamique. Les plus moteurs servent de levier d’encouragement aux moins actifs. Ceux qui ne sont pas du tout actifs et qui tout d’un coup s’y mettent, vont attirer d’autres profils. A l’image d’une réaction en chaîne. Le simple fait que le changement de comportement individuel impacte le collectif – et vice-versa – demeure là encore un excellent levier de motivation.

Tout le monde peut contribuer à sa propre échelle : mauvais marcheur, petit marcheur ou grand marcheur.

Lorsque l’on déploie des jeux dans les entreprises, en général le premier feedback est le suivant « On ne parle que de ça à la machine à café ». Le jeu génère cet aspect de cohésion, de coopération, d’encouragement, de bienveillance. »

Concrètement, comment cela se passe pour lancer un défi en entreprise ?

« En 2 minutes, un participant peut s’inscrire. Cela passe par le téléchargement d’une application qui va permettre de faire remonter jusqu’à nous les données du podomètre de chaque joueur. Aujourd’hui, la grande majorité des téléphones est équipée de ce que l’on appelle un accéléromètre qui compte vos mouvements et les transforme en pas.

Nos game designers se chargent de transformer cette activité physique en trophées, défis, points bonus, en déplacements sur une carte de Tour du monde, en ascension de l’Everest ou du Kilimandjaro, en enquête à la façon Sherlock Holmes… »

Suivez-vous les participants grâce au GPS ?

« Non. Nous n’utilisons pas le signal GPS. Un point très important synonyme de non-intrusion dans la vie privée des joueurs. Il suffit au participant d’avoir son téléphone dans sa poche. On ne vous demande même pas de l’allumer, c’est votre téléphone qui va enregistrer vos données, et ensuite quand vous ouvrez l’application Kiplin, on récupère ces données et on les transforme pour permettre à votre équipe d’avancer d’étape en étape. »

Pouvez-vous nous immerger dans quelques jeux déployés ?

« On a par exemple beaucoup de défis solidaires. Dans ce cas, les collaborateurs marchent au profit d’une cause, pour faire grimper un compteur de dons. Un bon moyen pour les entreprise de faire passer des messages, d’éveiller les consciences ou de renforcer une démarche RSE.

Les entreprises peuvent personnaliser leur univers de jeu, choisir leur thème, la durée, faire passer leurs messages… C’est libre. On a fait marcher des collaborateurs d’un très célèbre parc d’attraction. Leur carte de jeu matérialisait par exemple différentes étapes de Paris à Orlando

Au-delà du challenge connecté, ce sont des jeux basés sur l’activité physique quotidienne et modérée. On n’est pas dans la compétition. On passe de la coopération à la bienveillance et puis petit à petit on pousse des petits messages. C’est aussi un très bel outil de communication interne. »

Qui se charge de créer les équipes ?

« L’entreprise doit faire confiance à ses collaborateurs. Dans la majorité des cas, il s’avère que le bouche-à-oreille fonctionne.

Laissez vos collaborateurs se mettre en équipe comme bon leur semble. On a aujourd’hui dans les entreprises des collaborateurs qui ont envie qu’on leur fasse confiance. »

Quel rôle joue la direction de l’entreprise ou les managers dans cette dynamique de jeu ?

 » On a des animation dans lesquelles la direction générale s’est prise au jeu, a poussé des messages dans la messagerie ou s’est glissée en mode masqué sous un pseudonyme.

Récemment, lors d’un challenge, les collaborateurs ont cherché pendant 15 jours à savoir qui était cette personne cachée en tête de classement… pour finalement découvrir qu’il s’agissait du DG.
Une belle occasion de faire tomber les barrières hiérarchiques.

Tout le monde est au même niveau, tout le monde joue, tout le monde contribue à la progression de son équipe, quelle que soit sa fonction dans la société. « 

Quel défi pourriez-vous nous lancer ?

« Sortez le téléphone de votre poche et allez regarder dans votre application podomètre combien de pas vous avez effectués les 15 derniers jours. Vous risquez d’être surpris et vous aurez, je l’espère, envie de faire appel à nous.

C’est accessible à tous. car contrairement aux idées reçues, il n’est pas nécessaire de faire 10 000 pas par jour.  »

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