Pourquoi la sédentarité touche-t-elle davantage les femmes que les hommes ?

Prévention Santé
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sédentarité des femmes
La sédentarité touche davantage les femmes que les hommes. Une inégalité qui continue de se creuser au fil du temps. Pour quelles raisons ? Et comment l’entreprise peut jouer un rôle pour freiner cette tendance ?
La sédentarité touche davantage les femmes que les hommes. Une inégalité qui continue de se creuser au fil du temps. Pour quelles raisons ? Et comment l’entreprise peut jouer un rôle pour freiner cette tendance ?

Les femmes, plus touchées que les hommes par la sédentarité

La sédentarité et/ou le manque d’activité physique touche différemment les femmes et les hommes.

70 % des femmes sous le seuil des niveaux d’activité physique

70 % des femmes se trouvent sous le seuil de tous les niveaux d’activité identifiés pour être en bonne santé, contre 42 % des hommes. Des chiffres alarmants révélés par l’étude de l’ANSES (agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) et qui soulèvent une autre source d’inégalités méconnue.


En matière d’activité physique (à ne pas confondre avec la sédentarité), 71 % des hommes et 53% des femmes atteignent les recommandations de l’OMS soit au moins 2h30 par semaine d’activité d’intensité modérée ou 1h15 d’activité intense.

Une autre photographie démontre que les choses évoluent plutôt positivement pour les hommes… contrairement aux femmes.

1 adulte sur 3, à la fois inactif et sédentaire

Plus globalement, les chiffres de la sédentarité sont sans appel. 95% de la population française adulte est concernée soit par un temps assis trop long, soit par un niveau d’activité physique inférieur à 30 minutes par jour.

Certains se retrouvent même dans les deux cas : à la fois sédentaires et inactifs. Plus d’un tiers des adultes est dans ce cas précis. Un enjeu de santé publique qui, selon les experts, ressemble à une bombe à retardement.

 

Pourquoi les femmes, plus que les hommes ?

Pourquoi les femmes sont-elles davantage touchées par la sédentarité ? Les raisons sont multiples et multi-factorielles.

Vie familiale, charge mentale et situation sociale

L’étude de l’ANSES montre en premier lieu que les femmes ont tendance à prioriser leurs obligations familiales et font passer en premier plan la santé et le bien-être de leurs proches au détriment des leurs.

La situation économique ou sociale de certaines femmes (mère de famille monoparentale, emploi peu qualifié, chômage…) les écarte des sujets “santé ou bien-être”. Pour rappel, 70% des travailleurs pauvres sont des femmes. 82% occupent des emplois à temps partiel et 62% des emplois non qualifiés.

Vie sociale, réalité économique et activités physiques demeurent fortement liées.

Vers une approche décloisonnée entre santé et travail et santé publique ?

Le 4ème plan santé au travail encourage d’ailleurs le développement d’une approche “décloisonnée” entre la santé au travail, la santé publique et la santé environnementale (qui comprend les aspects de la santé humaine, y compris la qualité de la vie).

Pour mieux identifier les freins à la pratique d’activités physiques et sportives à certains moments de transition de la vie d’une femme, l’Observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité (Onaps) propose une enquête (juin 2022)

Quelles conséquences sur la santé ?

Au-delà du constat, quelles sont les conséquences de cette inactivité physique et/ou sédentarité sur la santé ?

Maladies chroniques

Les personnes qui cumulent sédentarité et inactivité physique sont davantage exposées aux maladies cardiovasculaires et à certains cancers. Elles sont également plus à risque d’hypertension ou d’obésité. D’une façon générale, les risques associés à l’inactivité et à la sédentarité sont majorés lorsqu’ils sont cumulés » explique le Pr Irène Margaritis, cheffe de l’Unité d’évaluation des risques liés à la nutrition à l’Anses.

Santé mentale

Les conséquences sur la santé mentale sont également scrutés à la loupe par les scientifiques : dépression, isolement, perte de mémoire ou de concentration, fatigue psychique, problèmes de sommeil…

Quelles solutions pour les entreprises ?

En matière de prévention santé ou d’accompagnement des publics fragilisés, les entreprises ont leur rôle à jouer. Notamment en commençant par s’intéresser aux salariés les plus éloignés de l’activité physique et en arrêtant de s’accrocher aux symboles du sport et de la performance.

Exonérations de charges

Plusieurs solutions existent et se mettent en place sur le terrain législatif, un nouveau dispositif permet d’ailleurs de bénéficier d’une exonération de charges sur les dépenses destinées à favoriser la pratique d’une activité physique par les salariés.


Ticket sport, challenges de pa solidaires…

De nouvelles idées fleurissent comme la nomination d’un référent APS en entreprise, ou encore la création d’un ticket sport pour les salariés… MD Courtage, le groupe Adelaïde ou encore Heineken ont choisi d’impliquer leurs collaborateurs dans des challenges de pas solidaires au profit d’associations.

De son côté et dans un autre style, en Bretagne, le groupe Roullier vient d’inaugurer un espace sportif de 3 000 m² dédié à ses collaborateurs.

Outils d’évaluation de l’activité physiqe

Enfin, il existe un certain nombre d’
outils ou de questionnaires permettant aux salariés de tester leur niveau d’activité physique : le test Ricci&Gagnon en 9 questions, questionnaire PAQ, IPAQ, test de marche 6 minutes, test assis-debout….


Autant d’arguments offerts aux 82 % des entreprises qui ne se mettent pas encore en action sur ce point alors que 80 % des salariés sont en demande.

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