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Quel plan national pour lutter contre l’obésité en France ?

Un français sur deux concerné par le surpoids ou l’obésité

En France, obésité et surpoids gagnent du terrain. Quasiment un adulte sur deux est soit en surpoids ou en situation d’obésité (47 % de la population). La ligue nationale contre l‘obésité a rendu public en juin 2021 les conclusions de son étude sur la prévalence de l’obésité en France.

Cette étude met en avant une tendance inédite. D’un côté, la prévalence des personnes en surpoids recule de 2 points pour s’établir à 30,3 % de la population. Mais de l’autre, la prévalence des personnes en situation d’obésité ne cesse de progresser pour s’établir à 17% de la population (8,5 millions de français).

En France, quasiment un adulte sur deux est soit en surpoids ou en situation d’obésité (47 % de la population)

Pour compléter ce tableau, la prévalence de l’obésité pédiatrique touche 34% des enfants de 2 à 7ans et 21% des 8 à 17 ans sont en situation de surpoids ou d’obésité.

Avant l’âge adulte, ce sont donc près de 55 % des français qui sont concernés. Des chiffres alarmants qui posent la question du temps passé devant les écrans et du niveau d’activité physique beaucoup trop insuffisant chez les jeunes. 

Des causes multifactorielles

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le surpoids et l’obésité se définissent comme une accumulation anormale ou excessive de graisse corporelle qui peut nuire à la santé. Il y a surpoids quand l’IMC (indice de masse corporelle) est égal ou supérieur à 25. On parle d’obésité lorsque cet IMC est égal ou supérieur à 30 (* voir complément en annexe).

Les causes sont multifactorielles : génétiques, alimentaires, psychologiques, environnementaux, sociaux, niveau de pratiques d’activités physiques, augmentation de la sédentarité, temps passé devant ls écrans…

L’augmentation de l’obésité est plus importante dans les milieux sociaux défavorisés. Elle augmente avec l’âge et le sexe avec un pic pour la tranche d’âge 55-64 ans. On observe également des inégalités selon les régions. Les régions Hauts-de-France, Normandie et Grand Est sont particulièrement concernées.

Zoom sur le plan national et la feuille de route

Prise en charge des patients, mise en place de parcours de santé, coordination des différents acteurs… Les acteurs politiques et associatifs (ministères, assurance maladie, Haute autorité de la santé- associations de patients etc.) cherchent à contrer la progression de la prévalence de l’obésité dans le cadre d’un plan national.

La feuille de route établie s’intègre dans la politique de santé en France. Elle fait écho à la stratégie nationale de santé en s’inscrivant dans les axes 2 (lutter contre les inégalités sociales et territoriales d’accès à la santé), 3 (garantir la qualité, la sécurité et la pertinence des prises en charge) et 4 (innover pour transformer notre système de santé en réaffirmant la place des citoyens) présentés ci-dessous.

Les 4 axes de la feuille de route :

1/ Améliorer la prise en charge des personnes atteintes de surpoids et d’obésité par la structuration de parcours de soin gradués et coordonnés
2/ Renforcer la régulation de la chirurgie bariatrique pour une meilleure pertinence
3/ Développer la formation des professionnels et l’information des personnes en situation d’obésité
4/ Soutenir l’innovation et mieux évaluer


Chacun des 4 axes est décliné en actions à conduire.

Axe 1 : repérage des personnes à risque, accompagnement, identification des offres territoriales développer des programmes en éducation physique du patient adaptés.

Axe 2 : informer le patient en amont de tout acte bariatrique et de l’accompagner dan son parcours de réadaptation post opératoire.

Axe 3 : l’identification des professionnels de santé pour établir une cartographie et un renforcement des actions de formation

Axe 4 : accompagnant de toute expérimentation d’organisation et de financement innovant, en soutenant la recherche, en proposant des études observationnelles et enfin en renforçant l’implication des associations de patients.

L’ensemble de ces actions vise à repérer les patients le plus tôt possible, garantir la continuité des soins et assurer la gradation des soins structurés en trois niveaux :

– Les soins de premier recours ; offre de proximité (ex : médecins généralistes)
– Les soins de deuxième recours : s’appuient sur l’expertise des nutritionnistes (niveau infra régional)
– Les soins de troisième recours : pour des cas plus complexes dispensés en centre hospitaliers universitaires (niveau régional ou interrégional).

Détecter vite, suivre longtemps et travailler en équipe

Comme pour toute politique de prévention, le financement reste le nerf de la guerre. Sur ce sujet le législateur a pris un arrêté en date du 1 mars 2021 et relatif à l’expérimentation « gestion du parcours de santé dans l’obésité » (GPSO).

L’objectif de cet arrêté est de favoriser la prise en charge précoce et l’accompagnement sur le long terme des personnes adultes obèses afin de prévenir l’évolution vers l’obésité sévère et les complications de l’obésité.

Cette expérimentation vise à détecter, accompagner les personnes en surpoids et obèses prises en charge (afin de les aider à stabiliser leur poids) et enfin, améliorer leur qualité de vie. Ceci grâce à la mise en place au sein des territoires concernés par l’expérimentation d’un parcours de santé gradué et cohérent, reposant sur une équipe pluridisciplinaire de santé coordonnée autour du patient.

Le projet GPSO s’articule autour de 3 grands axes :

– Un parcours de santé gradué accessible et inclusif sur le long terme favorisé par un financement innovant et adapté à chaque étape du parcours de soin

– Un maillage territorial permettant l’identification et la formation de tous les acteurs du parcours au niveau d’un territoire

– L’harmonisation des systèmes d’information pour les adapter  à la prise en charge coordonnée de l’obésité Cette expérimentation est menée sur les territoires particulièrement touchés par la désertification médicale : Haut de France, Centre Val de Loire et Ile-de-France.

Au total, l’objectif est de pouvoir accompagner plus de 3 500 patients à terme (d’ici 3 ans)

(* L’utilisation de l’IMC comme mesure est interrogée depuis quelques années et fait l’objet de controverse. En effet une étude parue le 18 mai 2021 – dans l’international journal of obesity – évoque l’obésité de poids normal qu’elle définit par un IMC normal mais une masse grasse corporelle élevée.)

Preston-Lee Ravail

Conseil sport-santé
Membre de la Société Française de Sport Santé
https://www.infos-sport-sante.com/plans-nationaux

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